13/10/2013

La Fugue, de Bastien Fournier

Rentrée littéraire

L’auteur valaisan publie aux Editions de l’Aire son sixième roman.

fugueEn vingt-neuf chapitres courts (comme pour Pholoé, paru en 2012), Bastien Fournier nous plonge dans un univers romanesque très personnel qui fait la part belle aux ambiances et aux ressentis. Par un style descriptif d’une grande précision, par ce souci du détail qui caractérise son écriture, l’auteur situe ses personnages au sein de lieux qui existent en soi et se suffiraient presque à eux-mêmes ; on pense notamment à cette Toscane dorée, esquissée dès la première page :

Le mur était percé d’une fenêtre étroite. Elle resta devant l’ouverture, nue, ensommeillée, exposée au regard de la faune qui s’ébrouait sur la colline d’en face. Un courant tiède glissa sur ses hanches. C’était un paysage vallonné, couvert de vignes, d’oliveraires, de buissons de myrte. Des pins parasols déployaient leurs branchages au milieu des prairies. Une piste de terre battue serpentait dans le relief, apparaissait au flanc d’un promontoire et s’en allait derrière lui. Un sol jaune s’étalait ça et là dans les interstices de la flore.

Peu d’action dans ce beau livre de Fournier, un rythme apaisé, et l’usage original du plus-que-parfait, autant d’éléments stylistiques mis au service d’une fugue, d’une errance, de non-rencontres. Si la trame peut apparaitre parfois comme un peu confuse, nécessitant alors une deuxième lecture plus attentive, on retient la recherche formelle, l’usage très efficace de la phrase courte et le ton général du roman — une voix à la fois originale, un brin mélancolique et d’une grande concision, qui n’en dit jamais trop.

Bastien Fournier
La Fugue
Ed. de l’Aire, 2013, 85 pages

L’auteur :

Né en Valais il y a une trentaine d’années, Bastien Fournier est écrivain et enseignant. Auteur de six romans et de plusieurs pièces de théâtre, il a reçu l’an passé le Prix d’encouragement de l’Etat du Valais. Il vit à Vevey.

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