22.11.2009
La voiture nucléaire.
Elle avait apparemment tout pour plaire : peu polluante, silencieuse, futuriste, la voiture électrique allait s’imposer comme l’engin motorisé du XXIème siècle, pour le plus grand bien de nos poumons et de la planète.

Reste qu’à y regarder de plus près, l’enthousiasme doit être relativisé. En Suisse, la voiture électrique est en partie une voiture atomique, dans la mesure où notre pays produit 40% de son électricité à partir de centrales nucléaires. Faut-il rappeler qu’à ce jour, et sans doute pour longtemps encore, il n’existe aucune solution au problème des déchets radioactifs ? Ailleurs dans le monde, c’est aussi avec du charbon que l’on produit de l’électricité, de sorte que les émissions de CO2 d’une voiture électrique sont supérieures à ce qui serait engendré en consommant directement du pétrole.
Pour fonctionner, une voiture électrique a besoin d’importantes batteries. Leur production nécessite l’utilisation de produits chimiques et autres métaux lourds extrêmement polluants, dont le recyclage est problématique. Le lithium, ressource non renouvelable, se raréfie.
Ainsi, un comparatif mené par le cabinet indépendant CNW Marketing Research montre que si on tient compte de la totalité du cycle de vie, un Hummer H3 est moins polluant qu’une Toyota Prius. Etonnant, non ? Il faudrait également parler du surpoids induit par la technologie électrique, et qui péjore fortement le bilan énergétique de ces véhicules prétendument « verts ».
Au final, en termes de pollution, les enjeux soulevés par la généralisation des voitures électriques feront passer la question de la fin du pétrole pour une aimable plaisanterie.
Billet paru dans Gauchebdo
17:05 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, voiture, automobile, hybride, électrique
01.11.2009
L'arnaque Hulot.
A quelques semaines d’intervalle, deux films « écologistes » sont sortis en salles.
Le premier est signé Yann Arthus-Bertrand, photographe ayant couvert pendant dix ans cette grande épopée verte qu’est le Paris-Dakar. Sur les 12 millions qu’ont coûtés le film, 10 ont été réglés par le groupe PPR du milliardaire François Pinault (Gucci, Yves Saint-Laurent, Puma, FNAC, Conforama, …)
Le deuxième, « Le syndrome du Titanic », est l’œuvre du sympathique Nicolas Hulot, l’une des personnalités les plus populaires d’Hexagone. Ici aussi, les sponsors – pardon, les « mécènes » - sont au rendez-vous : Orange, TF1, L’Oréal… Des multinationales dont l’engagement pour la planète confine parfois au fanatisme.
Le point commun entre ses deux longs-métrages ? C’est notre faute. Nous sommes coupables, individuellement, des dégâts causés à la Terre. Les déchets radioactifs ? EDF finance les films ! Les transports de marchandises à travers la planète ? Motus. La responsabilité des multinationales dans le pillage des ressources naturelles ? Silence radio. Au final ? Deux beaux films, parfaitement lisses, qui ne dérangeront rien ni personne.
Il n’a pas froid aux yeux, Hulot. En 2008, il s’envoyait en l’air en avion de chasse pour son émission « Ushuaïa », brulant en quelques minutes la consommation en pétrole d’un pavillon pendant cinq ans. Ce qui n’empêche pas l’animateur, payé par TF1 30'000 euros par mois pour quatre émissions annuelles, d’exhorter les pauvres-qui-n’y-comprennent-rien à réduire leurs émissions de CO2…
Symbole de l’éco-tartufferie de droite, caution écolo du sarkozysme, Nicolas Hulot a pour mandat de repeindre en vert le productivisme capitaliste. Lui et les siens sont aujourd’hui des obstacles sérieux à la transformation, toujours plus urgente, de nos modèles de société.

image gracieusement piquée sur l'excellent "Pacte contre Hulot"
21:47 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, hulot, verts, écotartuffe, arthus-bertrand
06.07.2009
Vu en ville
Vu en ville, il y a quelques jours.

07:54 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, pully, monsanto
26.06.2009
Cassis de Dijon: le référendum est lancé!
Le principe du « Cassis de Dijon » déclare la reconnaissance mutuelle des réglementations des Etats membres de l'Union Européenne. Plus précisément, il interdit toute mesure de protection technique à l'importation. Ainsi, un produit licitement fabriqué et vendu dans un Etat ne peut pas être interdit à la vente dans un autre.
Les chambres ont accepté il y a quelques jours que ce principe s'applique désormais à la Suisse, sans d'ailleurs exiger la réciprocité de l'UE: il n'y pas besoin d'être nationaliste pour se questionner sur la conception de la souveraineté que cela implique...

Ainsi, prochainement, les produits vendus au sein d'un Etat européen pourraient l'être directement en Suisse. Il n'y aura plus besoin qu'ils satisfassent aux prescriptions suisses, presque toujours plus strictes (fabrication, protection de l'environnement, étiquetage, ...). L'effet que produira cette mesure sera donc un abaissement général de la qualité des denrées et marchandises, étant entendu que les producteurs locaux auront intérêt à s'aligner sur les normes européennes. Dans le domaine agricole, la pression sur les producteurs helvétiques, mis directement en concurrence avec les européens, va encore s'accroitre. Ce principe va à l'encontre d'une agriculture de proximité, favorisant les transports irrationnel de denrées à travers l'Europe. Il est également contraire au choix des consommateurs, qui manifestent leur volonté d'une agriculture de qualité et de proximité. Aujourd'hui, nous devons défendre les normes de production que nous nous sommes donnés: c'est aussi cela, protéger notre tissu social et économique.
Signez ici le référendum !
10:41 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cassis de dijon, agriculture, ue, europe, normes
11.06.2009
Downtown Lausanne
Aie. Ils remettent ça.
On sait pas trop encore à quoi ça va ressembler. Le site internet est étonnamment lacunaire. A moins qu'il s'agisse d'un nouvel exemple de teasing, procédé un peu ringard mais toujours efficace consistant à attirer le consommateur par la béance du vide.
On sait juste que ça s'appelle Downtown Lausanne, et que parmi les partenaires (le mot « partenaire » étant à « sponsor » ce que « recherche de synergies » est à « licenciements ») de la manifestation, on trouve UBS, la ville de Lausanne et Migros. La présence du groupe LO parmi les partenaires semble nous indiquer que ça se passerait au Flon. Il y aurait des podcasts de prévus.
Plus inquiétant, le city management serait dans le coup. Le city management, c'est les gens qui avaient organisé le fameux lâcher de ballons géant, manifestation somme toute sympathique, avant qu'elle ne vire en festival de la chiclette pour quelques ruminants du Mont-sur-Lausanne.
Pour le ploucs qui ne parleraient pas encore anglais – ce qui s'apparente décidément à une faute de goût – on rappelle que Downtown Lausanne signifie quelque chose comme « au centre-ville de Lausanne », et que city management devrait pouvoir être traduit par « animation commerciale de la ville ». Pretty nice.
On sait pas trop à quoi ça va ressembler, ce Downtown Lausanne. On est pas rassuré, pour tout dire. Il semble s'agir de promouvoir la zone du Flon, pardon Flon-Ville, ce récent centre commercial à ciel ouvert à peu près aussi accueillant et chaleureux que les portes Saint-François, mais c'est une autre question... L'idée est donc d'organiser une manifestation hybride, sorte de happening culturello-commercial. On viendra avec les gamins, avant de charger les courses dans le coffre du monospace. Et comme on est à Lausanne, sous juridiction du bon géant vert, on installera cinq thuyas, ça fera un peu développement durable. Car l'heure est à l'hybridation, voire à la mixitude. C'est un peu comme quand on veut faire un nouveau stade de foot: on imagine plus une construction de ce genre sans son centre commercial, sur le modèle du mall d'outre-atlantique. Des fois que la populace aurait l'intention d'aller voir un match sans soutenir l'effort de consommation.
Parce que dans l'histoire, il faut quand même se souvenir d'un truc.
Y a un temps, le Flon c'était pas ça. Y a un temps, le Flon c'était pas cette zone si parfaitement stérilisée, hygiénisée et désinfectée qu'on y opérerait une appendicite à même le sol. Je me rappelle assez bien quand, petit garçon en shorts et baskets (!), il m'arrivait de m'y promener. C'était l'époque où le secteur n'était pas encore militarisé. Pas de caméras de surveillance, pas de patrouilles de sécurité, pas de barrières jaunes et noires, pas de télésurveillance... Juste des gens, des graffitis, des boutiques aux couleurs criantes, des gens, de la musique, de la bière, des ateliers, des filles, de la bagarre sans doute, des gens. Un endroit pour ainsi dire salement humain. Y a un temps, avant que le quartier ne devienne l'épicentre lausannois de la revente de pop-corn, avant qu'on y installe des pissotières intergalactiques, avant que les délires mercantiles et mégalomaniaques de quelque promoteur portant beau n'asphyxient définitivement les lieux, le Flon était habité par des gens. Comprenez: on y vivait.
A Flon-ville, on a planté un arbre, quelque part entre le Macdo et Casino. Planté au premier sens du terme, au sens d'enfoncer des tiges de fer dans un socle de béton armé. Un arbre en ferraille, pour pigeons transgéniques. Par ici, on lira que « L’arbre et ses racines relient les différentes infrastructures de Flon-Ville qui offrent une pléthore de services. » L'objet serait illuminé la nuit par des diodes luminescentes qui changent de couleur. Si.
Je sais pas vous, mais je le sens pas ce Downtown Lausanne...
23:06 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lausanne, flon, flon-ville, downtown
25.03.2009
Pully: grand pique-nique anti-OGM le 5 avril!

NON aux disséminations OGM en plein champ !! NON à la marche forcée vers les OGM ! Ni dans nos champs, ni dans nos assiettes !!
Au programme:
- dégustation de produits paysans
- semis de blé non-OGM
- activités pour les enfants
Prises de parole, notamment:
- Luc Recordon
- Josef Zisyadis
- Irène Gardiol
- Julien Sansonnens
- Christian Van Singer
- Nicolas Bezençon
Avec la présence de François Vé, K et Michel Bühler !
Organisation: Comité "Pully sans OGM". Soutien: Syndicat Uniterre, syndicat SIMPLES, POP & Gauche en mouvement, les Verts Pully-Lavaux, les jardins du Flon, ATTAC-VD, Semer l'Avenir, Nice Future, Prudence OGM, Stop OGM, Fondation Franz Weber, bio-VD.
20:45 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, pully, ogm, pop


